Il y a deux Sarlat. Celle de onze heures, joyeuse et bondée, qui sent la noix grillée et le canard confit. Et celle de huit heures du matin ou de dix heures du soir, quand la pierre blonde n'appartient plus qu'à vous. Ce guide vous donne les deux — et surtout les heures pour passer de l'une à l'autre.
Sarlat en trois ambiances
Capitale du Périgord noir, Sarlat-la-Canéda concentre l'une des plus fortes densités de monuments classés de France dans un mouchoir de poche médiéval. Mais on ne « visite » pas vraiment Sarlat : on la vit par tranches horaires. Le matin pour le marché et la lumière rasante sur les façades. L'après-midi pour fuir vers la fraîcheur des ruelles hautes quand la foule s'installe. Le soir pour l'heure dorée, quand les lanternes s'allument et que la ville redevient un décor de cape et d'épée. Organisez vos journées autour de ces trois moments et vous aurez tout compris.
Le marché du samedi : le vivre comme un local

À quelle heure venir (et où se garer)
Le grand marché du samedi déborde de la place de la Liberté dans toutes les rues voisines, dès 8 h 30 et jusqu'à 13 h. La bonne fenêtre : entre 8 h 30 et 10 h. Avant, les étals finissent de s'installer ; après, on avance au pas. Garez-vous hors les murs (les parkings du boulevard circulaire, puis cinq minutes à pied) — chercher une place plus près un samedi d'été est le meilleur moyen de détester Sarlat. Un marché plus petit, alimentaire, se tient aussi le mercredi matin.
Ce qu'on met dans le panier
- Les noix — entières, en cerneaux, en huile ou en gâteau : c'est l'or local, AOP s'il vous plaît ;
- Le canard — confits, magrets, rillettes ; goûtez avant d'acheter, les producteurs y tiennent ;
- Les fraises du Périgord — de mai à l'automne, gariguettes puis charlottes ;
- Le cabécou — petit chèvre du causse, parfait avec les noix ;
- Et l'hiver, les truffes du marché de gros — un spectacle en soi, même sans acheter.
La vieille ville sans plan : l'itinéraire qui se perd bien
Sarlat intra-muros se traverse en dix minutes — et se savoure en trois heures. Le secret : lâcher le plan. Partez de la place de la Liberté, laissez-vous aspirer par n'importe quelle ruelle qui monte, et redescendez toujours vers le clocher. Impossible de se perdre vraiment : la ville tient dans son enceinte comme dans une main.
Place de la Liberté et la lanterne des morts
Le salon de la ville, bordé de façades Renaissance et de terrasses. Derrière la cathédrale Saint-Sacerdos, montez au jardin des Enfeus : la lanterne des morts, curieuse tour-obus du XIIe siècle, veille sur les sépultures depuis huit siècles — personne ne sait exactement à quoi elle servait, et c'est très bien ainsi. C'est aussi l'un des meilleurs points de vue sur les toits de lauze.

Le manoir de Gisson et les hôtels particuliers
Place du marché aux Oies — trois oies de bronze pour le rappeler —, le manoir de Gisson se visite et raconte la vie d'une famille de notables au temps où Sarlat comptait. Autour, levez les yeux : la maison de La Boétie (l'ami de Montaigne est né ici en 1530), l'hôtel de Maleville, l'hôtel Plamon… La moitié du plaisir de Sarlat est au-dessus de la ligne des vitrines.
Sarlat le soir : quand la pierre devient dorée
Restez dîner. Vers 22 h, quand les cars sont partis et que les lanternes prennent le relais, la ville offre sa plus belle heure : ruelles presque vides, pierre chaude sous les réverbères, conversations de terrasses qui s'étirent. L'ascenseur panoramique logé dans le clocher de l'ancienne église Sainte-Marie — l'audacieuse transformation signée Jean Nouvel, enfant du pays — offre en saison un dernier regard à 360° sur les toits. C'est le moment que nous préférons, et il ne coûte que le prix d'une glace à déguster en marchant.
En pratique : composer sa visite
Un jour ou deux jours ?
Un jour : marché le matin (si samedi ou mercredi), déjeuner en terrasse, ruelles à la fraîche, dîner et flânerie nocturne. Deux jours : ajoutez le manoir de Gisson, le jardin des Enfeus, et surtout une échappée dans la vallée de la Dordogne toute proche — canoë le matin, retour à Sarlat le soir : le combo parfait du Périgord noir. Et pour prolonger, les 10 plus beaux villages de Dordogne s'enchaînent depuis Sarlat en étoile.
Avec des enfants
La vieille ville est un terrain de jeu naturel — chasse aux oies de bronze, aux gargouilles et aux heurtoirs — mais les pavés fatiguent vite les petites jambes : prévoyez le porte-bébé plutôt que la poussette pour les ruelles hautes. La glace en fin de parcours fait des miracles, et l'ascenseur panoramique fascine à tout âge.

Questions fréquentes
Quel jour a lieu le marché de Sarlat ?
Le grand marché se tient le samedi matin (environ 8 h 30 – 13 h), dans toute la vieille ville. Un marché alimentaire plus petit a lieu le mercredi matin. En hiver s'y ajoutent les marchés aux truffes.
Combien de temps prévoir pour visiter Sarlat ?
Une grande journée suffit pour l'essentiel (marché, ruelles, soirée). Deux jours permettent d'ajouter les visites intérieures et une échappée en vallée de la Dordogne, à un quart d'heure.
Sarlat est-elle agréable hors été ?
C'est même notre saison préférée : mai, juin, septembre et octobre offrent la douceur sans la cohue. L'hiver a son charme feutré, ses marchés aux truffes et ses façades illuminées.
Où se garer à Sarlat ?
Hors les murs, sur les parkings du boulevard qui ceinture la vieille ville — tout est ensuite à cinq minutes à pied. La vieille ville est piétonne, n'essayez pas d'y entrer en voiture.
Photos : Benjamin Smith (CC BY-SA 4.0) — Wikimedia Commons. Article rédigé à partir de repérages locaux et de sources publiques (office de tourisme de Sarlat, données ouvertes) ; jours et horaires donnés à titre indicatif, vérifiez en saison.