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Bien en Dordogne

Bien avant les châteaux et les bastides, les premiers paysans du Périgord ont dressé d’énormes blocs de pierre pour abriter leurs morts ou marquer leur territoire. Il y a environ 5 000 ans, ils ont laissé dans les bois et les champs de Dordogne des dolmens, des allées couvertes et quelques menhirs. Voici 48 mégalithes encore visibles dans le département, sur une carte interactive, et notre sélection de huit monuments faciles d’accès.

Sur la carte48 mégalithes dans toute la Dordogne
Protégés16 monuments historiques
ÂgeEnviron 5 000 ans (Néolithique)
AccèsLibre et gratuit pour notre sélection
Quand y allerDe l’automne au printemps, végétation basse
Avec des enfantsCourtes marches, pierres à ne pas escalader

Dolmen, menhir, allée couverte : de quoi parle-t-on ?

Le dolmen est une tombe collective : une grande dalle, la table, posée sur des pierres dressées qui délimitent une chambre funéraire. À l’origine, l’ensemble était enfoui sous un tertre de terre et de pierres, le tumulus, aujourd’hui presque toujours disparu : ce que l’on voit est le squelette du monument. En Périgord, les dolmens ont souvent été fouillés au XIXe siècle, et l’on y a trouvé des ossements humains et des outils en silex.

L’allée couverte est un dolmen allongé, un véritable couloir de dalles couvert de plusieurs tables. Elle est surtout présente dans le sud du département, où elle prolonge les monuments de la Gironde et du Lot-et-Garonne. Le menhir, lui, est une pierre dressée seule, dont la fonction reste mystérieuse : borne, repère, lieu de culte. Les menhirs sont rares en Dordogne. Quant au polissoir, c’est un bloc de grès creusé de rainures, sur lequel on frottait les haches de pierre pour les aiguiser.

La Dordogne mégalithique, un patrimoine méconnu

Le département est célèbre dans le monde entier pour la préhistoire ancienne de la vallée de la Vézère, ses grottes ornées et ses abris. Les mégalithes, bien plus récents, sont restés dans leur ombre : peu ont fait l’objet de fouilles modernes. Le dernier inventaire complet, publié par Dominique Pauvert en 1995, recense pourtant 256 édifices, dont 173 très probables, souvent détruits ou réduits à quelques blocs.

Deux secteurs en sont particulièrement riches : le sud du département, autour de Beaumont, Monpazier et Eymet, et le nord, dans les vallées de la Dronne et de la Côle, où les dolmens à couloir rappellent ceux de l’Angoumois voisin. La forêt de la Double, à l’ouest, n’en compte presque aucun. Les noms de lieux trahissent souvent la présence d’un mégalithe, encore debout ou disparu : Peyrelevade (« pierre levée » en occitan), Peyrefiche, Peyreplantade ou Cayrelevat.

Utilisez la carte ci-dessous : cherchez une commune, filtrez par type de monument (cocher plusieurs types les additionne) ou par protection, ou touchez « Près de moi » pour afficher les mégalithes les plus proches de votre position (elle n’est ni enregistrée ni transmise).

Carte interactive

Trouvez un dolmen ou un menhir

48 mégalithes en Dordogne

Chargement de la carte…

  1. Beaumontois en Périgord

    Allée couverte du Blanc

    Une allée couverte classée en 1971, propriété de la Société historique et archéologique du Périgord, sur une boucle de randonnée balisée près de Beaumont-du-Périgord.

    • Dolmens
    • Allées couvertes
    • Monument historique
  2. Beauregard-et-Bassac

    La Pierre Levée de Beauregard-et-Bassac

    Une table de grès sur trois piliers, classée en 1940, au bord d’un chemin agricole ; on devine encore les traces de son tumulus.

    • Dolmens
    • Monument historique
  3. Brantôme en Périgord

    Dolmen de Laprougès à Valeuil

    Classé en 1960 et fouillé en 2011, ce dolmen se trouve près de la route, entre Valeuil et Brantôme.

    • Dolmens
    • Monument historique
  4. Brantôme en Périgord

    Dolmen de Peyrelevade à Brantôme

    Le mégalithe le plus connu de Dordogne, classé dès 1889 : une grande table de pierre posée sur ses piliers, à une cinquantaine de mètres de la D78, à l’est du bourg.

    • Dolmens
    • Monument historique
    • Près d'un village du guide
  5. Domme

    Dolmen de Giverzac à Domme

    Un dolmen simple à table de grès, inscrit en 1962, au bout d’une petite route en lisière de bois, à quelques kilomètres de la bastide.

    • Dolmens
    • Monument historique
    • Près d'un village du guide
  6. Paussac-et-Saint-Vivien

    Dolmen de Peyrelevade à Paussac

    Un dolmen à couloir de type angoumoisin, inscrit en 1960 et restauré en 1933, près de la route qui porte son nom.

    • Dolmens
    • Monument historique
  7. Saint-Aquilin

    Dolmen de Peyre-Brune à Saint-Aquilin

    Classé en 1889 et fouillé dès 1874, il se découvre au bord d’un chemin forestier, entre le hameau de Seyssac et Segonzac.

    • Dolmens
    • Monument historique
  8. Saint-Estèphe

    Menhir de Fixard

    L’un des rares menhirs du Périgord, étape d’une boucle de randonnée balisée au départ de Piégut-Pluviers, non loin du grand étang de Saint-Estèphe.

    • Menhirs
    • Près d'un village du guide

Inventaire : page Wikipédia « Sites mégalithiques de la Dordogne » (d'après D. Pauvert, 1995), base Mérimée du ministère de la Culture et contributeurs OpenStreetMap (ODbL). La plupart des mégalithes sont sur des terrains privés : restez sur les chemins et respectez les clôtures.

Notre sélection : huit mégalithes faciles à voir

Beaucoup de mégalithes se cachent dans des bois privés ou au milieu des cultures. Nous avons retenu huit monuments que l’on peut approcher par une route, un chemin public ou un sentier balisé, après vérification sur les photos aériennes de l’IGN et les itinéraires de randonnée. Ils apparaissent en ocre sur la carte et en tête de la liste.

Périgord Vert : autour de Brantôme et de la Dronne

Le dolmen de Peyrelevade, à Brantôme, est le plus connu de Dordogne. Signalé dès 1818, classé monument historique en 1889, il dresse sa grande table de pierre à une cinquantaine de mètres de la D78, à l’est du bourg : on l’associe facilement à la visite de l’abbaye et de la ville (voir notre guide de Brantôme). Tout près, entre Valeuil et Brantôme, le dolmen de Laprougès, classé en 1960, a fait l’objet d’une fouille en 2011. Une dizaine de kilomètres à l’ouest, à Paussac-et-Saint-Vivien, le dolmen de Peyrelevade est un bel exemple de dolmen de type angoumoisin, avec sa chambre prolongée par un court couloir ; il a été restauré en 1933.

Le menhir de Fixard, dressé au bord d'un chemin forestier près de Saint-Estèphe
Le menhir de Fixard, au bord du sentier, près de Saint-Estèphe. Photo Traumrune (CC BY-SA 3.0) — Wikimedia Commons.

Aux confins du Limousin, le menhir de Fixard est l’un des rares menhirs du Périgord. Il se découvre en sous-bois, sur une boucle de randonnée balisée au départ de Piégut-Pluviers, non loin du grand étang de Saint-Estèphe et du Roc branlant : une belle sortie à combiner avec notre guide du Nontronnais.

Périgord Blanc : Peyre-Brune et la Pierre Levée

À l’ouest de Périgueux, le dolmen de Peyre-Brune, à Saint-Aquilin, est l’un des mieux documentés du département : fouillé en 1874 par la Société archéologique du Périgord, il a été classé en 1889. Il se trouve au bord d’un chemin forestier qui relie le hameau de Seyssac au bourg de Segonzac, à environ un kilomètre et demi de Seyssac. Plus au sud, sur la route de Bergerac, la Pierre Levée de Beauregard-et-Bassac, classée en 1940, pose sa table de grès sur trois piliers, au bord d’un chemin agricole ; on devine encore au sud-ouest les traces de son tumulus.

Périgord Pourpre : l’allée couverte du Blanc

L'allée couverte du Blanc, près de Beaumont-du-Périgord, sous les chênes
L’allée couverte du Blanc, près de Beaumont-du-Périgord. Photo Père Igor (CC BY-SA 4.0) — Wikimedia Commons.

Le sud du Bergeracois est le pays des allées couvertes. La plus accessible est celle du Blanc, appelée localement Peyre Levado, près de la bastide de Beaumont-du-Périgord. Décrite dès le début du XIXe siècle, classée monument historique en 1971, elle appartient à la Société historique et archéologique du Périgord et se trouve sur une boucle de randonnée balisée. Les curieux repéreront aussi sur la carte les allées couvertes de la Borie Neuve, à Marsalès, et l’allée du Point du Jour, à Vergt-de-Biron, l’une des rares fouillées à la fin du XXe siècle : toutes deux à quelques kilomètres de Monpazier et du château de Biron.

Périgord Noir : le dolmen de Giverzac

Le dolmen de Giverzac, près de Domme, en lisière de bois
Le dolmen de Giverzac, à quelques kilomètres de Domme. Photo Pymouss (CC BY-SA 3.0) — Wikimedia Commons.

À quelques kilomètres de la bastide de Domme, le dolmen de Giverzac, signalé dès 1818 et inscrit monument historique en 1962, est un dolmen simple à table de grès, posé en lisière de bois au bout d’une petite route. Il a été remonté après son effondrement, ce qui explique sa silhouette basse. Dans le Périgord Noir, les amateurs de préhistoire le combineront avec les grottes de Domme ou, dans la vallée de la Vézère, avec le Musée national de Préhistoire des Eyzies.

Les bons réflexes au pied des mégalithes

  • Ne montez pas sur les pierres : les dolmens sont des monuments fragiles, souvent fissurés ou remontés, et parfois protégés au titre des monuments historiques. Ne gravez rien, ne déplacez aucun bloc, n’allumez pas de feu à leur pied.
  • Restez sur les chemins : la plupart des mégalithes de la carte sont sur des terrains privés, dans des bois ou des champs. N’y allez que par un chemin public, respectez les clôtures et les cultures, et renoncez si l’accès n’est pas évident.
  • Pas de fouille ni de détecteur : rechercher des objets archéologiques, même avec un simple détecteur de métaux, est interdit sans autorisation.
  • Choisissez la saison : de l’automne au printemps, la végétation est basse et les pierres se voient de loin. En été, ronces et fougères les cachent parfois. En automne et en hiver, renseignez-vous en mairie sur les battues de chasse avant d’entrer dans un bois.
  • Équipez-vous : chaussures de marche, pantalon contre les ronces et les tiques. Les positions de la carte sont indicatives : pour les monuments isolés, une carte IGN aide à trouver le bon chemin.

Questions fréquentes

Quel est le plus beau dolmen de Dordogne ?

Le plus célèbre est le dolmen de Peyrelevade à Brantôme, classé monument historique dès 1889 et facile d’accès, à deux pas de la route. L’allée couverte du Blanc, près de Beaumont-du-Périgord, et le dolmen de Peyre-Brune, à Saint-Aquilin, sont aussi remarquables.

Combien y a-t-il de dolmens en Dordogne ?

Le dernier inventaire complet, publié en 1995, recense 256 édifices mégalithiques, dont 173 très probables, mais beaucoup sont détruits ou réduits à quelques blocs. Notre carte en localise 48, encore visibles : 36 dolmens (dont 5 allées couvertes), 9 menhirs et 3 polissoirs.

Quelle différence entre un dolmen et un menhir ?

Le dolmen est une tombe collective, faite d’une grande dalle posée sur des pierres dressées. Le menhir est une pierre dressée seule, dont la fonction reste inconnue. Les deux datent du Néolithique, il y a environ 5 000 ans.

Faut-il payer pour voir un dolmen ?

Non : les mégalithes de notre sélection sont en accès libre et gratuit, sans horaires. Beaucoup d’autres se trouvent toutefois sur des terrains privés : on ne s’en approche que par un chemin public, en respectant les clôtures.

Où voir un menhir en Dordogne ?

Les menhirs sont rares en Périgord. Le plus facile à voir est celui de Fixard, près de Saint-Estèphe, sur une boucle de randonnée balisée au départ de Piégut-Pluviers. Le filtre « Menhirs » de la carte affiche les autres.

Photo de une : Père Igor (CC BY-SA 3.0) — Wikimedia Commons. Photos : Traumrune (CC BY-SA 3.0), Père Igor (CC BY-SA 4.0), Pymouss (CC BY-SA 3.0) — Wikimedia Commons. Inventaire : page Wikipédia « Sites mégalithiques de la Dordogne » (d’après D. Pauvert, 1995), base Mérimée du ministère de la Culture pour les protections, contributeurs OpenStreetMap (ODbL) pour les positions. Accès vérifiés sur les photos aériennes de l’IGN. La plupart des mégalithes sont sur des terrains privés : merci de respecter les lieux et les propriétaires.