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Bien en Dordogne

Une place carrée bordée d’arcades, une halle au centre, des rues tirées au cordeau : les bastides sont les villes neuves du Moyen Âge, et le sud de la Dordogne en compte parmi les plus belles de France. Voici les huit à connaître, de Monpazier, la plus fidèle à son plan, à Domme, perchée sur sa falaise, avec le jour de marché qui leur rend leur fonction d’origine.

La mieux conservéeMonpazier, fondée en 1284
La plus ancienne de ce guideVillefranche-du-Périgord, 1261
La plus perchéeDomme, au bord de sa falaise
VisiteLibre et gratuite dans toutes les bastides
Le bon momentLe matin du marché
Pour comprendreLe Bastideum de Monpazier

Qu’est-ce qu’une bastide ?

Une bastide est une ville créée d’un seul coup, aux XIIIe et XIVe siècles, sur un plan régulier : des rues qui se croisent à angle droit, des parcelles de même taille et, au centre, une place de marché bordée de maisons à arcades, les « cornières ». La halle, souvent, occupe le milieu de la place.

Le Périgord en est une terre d’élection. À cette époque, le roi de France et le roi d’Angleterre, duc d’Aquitaine, se disputent la région ; chacun fonde des bastides pour peupler les campagnes, développer le commerce et marquer son territoire. Ainsi Domme est une bastide royale française, quand Monpazier, Beaumont, Lalinde et Molières ont été fondées au nom du roi d’Angleterre.

La plupart se concentrent dans le sud du département, entre la Dordogne et le Dropt, dans ce qu’on appelle aujourd’hui le Pays des Bastides. Trois ou quatre s’enchaînent sans difficulté dans la journée.

Monpazier, la bastide modèle

Monpazier — la place des Cornières et ses arcades
Monpazier, bastide de 1284 restée fidèle à son plan. Photo Birasuegi (CC BY-SA 4.0) — Wikimedia Commons.

Fondée en 1284 au nom du roi d’Angleterre, Monpazier passe pour l’une des bastides les mieux conservées. Classée parmi les Plus Beaux Villages de France, elle a gardé son plan régulier, trois de ses six portes et la place des Cornières, avec ses arcades et sa halle. Avec 53 hectares, c’est la plus petite commune de la Dordogne : elle tient presque entière dans sa bastide.

  • Le bon moment : le jeudi matin, jour de marché, place des Cornières.
  • Pour comprendre : le Bastideum, centre d’interprétation, explique en une heure comment on bâtissait et vivait dans ces villes neuves, avec des supports pensés pour les enfants.
  • À combiner : le château de Biron, à 6 km.

Domme, la bastide royale sur sa falaise

Domme — Vue depuis le belvédère de Domme sur la plaine agricole et les collines de la vallée de la Dordogne.
Domme, au bord de sa falaise au-dessus de la vallée de la Dordogne. Photo Jebulon (CC0) — Wikimedia Commons.

Fondée en 1281 par Philippe III le Hardi, Domme occupe le rebord d’une falaise au-dessus de la Dordogne. Contrainte par le relief, elle n’a pas le plan en damier de ses cousines : son tracé en trapèze épouse le plateau, la falaise défendant un côté, les remparts et la porte des Tours les autres. Depuis le belvédère de la Barre, la vue sur le cingle de Montfort est l’une des plus célèbres du Périgord. Notre guide de Domme en fait un camp de base, avec la vallée du Céou.

  • Le bon moment : en fin de journée, d’avril à octobre ; marché le jeudi matin.
  • À ne pas manquer : la grotte qui s’ouvre sous la halle, et la porte des Tours.

Beaumont-du-Périgord, la bastide et son église forteresse

Beaumont-du-Périgord — la place de la bastide et le clocher fortifié de Saint-Front
Beaumont-du-Périgord et son église fortifiée. Photo Renhour48 (CC0) — Wikimedia Commons.

Fondée en 1272 au nom du roi d’Angleterre, Beaumont-du-Périgord suit la ligne de sa crête, à environ 24 km de Bergerac. Son église Saint-Laurent-et-Saint-Front, cantonnée de quatre tours, est une véritable forteresse qui veille sur la place à cornières. La porte de Luzier est la dernière de l’enceinte.

  • Le bon moment : le mardi matin, jour de marché.

Lalinde, la première bastide anglaise du Périgord

Fondée en 1267, Lalinde est la première bastide anglaise du Périgord. Bastide de rive, elle s’allonge sur la rive droite de la Dordogne, entre la rivière et un canal ouvert en 1844, que le GR 6 longe aujourd’hui à pied. Sur la falaise d’en face, une chapelle rappelle la légende de la Coulobre. Notre guide de Lalinde en fait un camp de base pour rayonner vers Molières, Beaumont et Montferrand.

  • Le bon moment : le jeudi matin pour le marché ; toute l’année pour la promenade le long du canal.

Molières, la bastide inachevée

Fondée elle aussi en 1284 au nom du roi d’Angleterre, Molières n’a jamais été achevée ni fortifiée. Entre Lalinde et Cadouin, elle garde son plan en damier, une vaste église du XIVe siècle et les ruines d’un château dit de la Reine Blanche, privé et visible de l’extérieur. L’office de tourisme la présente comme la plus petite bastide du Périgord : une heure suffit, pour l’atmosphère d’un projet resté en suspens.

Eymet, la bastide du Dropt

Eymet — les arcades de la place Gambetta, cœur de la bastide d'Eymet
La place à cornières d’Eymet. Photo Père Igor (CC BY-SA 3.0) — Wikimedia Commons.

À une vingtaine de kilomètres au sud de Bergerac, Eymet déroule son plan de bastide de 1270 autour de la place Gambetta et de ses arcades. Elle a gardé un donjon du XIIIe siècle, plus ancien que la ville, et un pont médiéval sur le Dropt. Particularité locale : la petite ville compte une importante communauté britannique.

  • Le bon moment : le jeudi matin, jour de marché ; par mauvais temps, il se replie sous les arcades.

Villefranche-du-Périgord, la bastide de la châtaigneraie

Tout au sud du Périgord Noir, en limite du Lot, Villefranche-du-Périgord garde son plan de bastide de 1261, ses cornières et une halle à colonnes de 1818. Surnommée capitale de la châtaigneraie, elle vit à l’automne au rythme des cèpes et des châtaignes, avec un marché aux cèpes en saison et une fête de la châtaigne en octobre.

  • Le bon moment : le samedi matin, jour de marché, et l’automne.

Saint-Aulaye, la bastide de l’ouest

À l’extrême ouest du Périgord, au-dessus de la Dronne, Saint-Aulaye garde le plan de sa bastide fondée en 1288. Petite Cité de Caractère, elle est l’un des rares villages de Dordogne situés dans l’aire du cognac, et a même son musée du cognac et du vin. L’été, une plage de sable sur la Dronne est surveillée.

Quel circuit pour visiter les bastides ?

Le circuit le plus classique part de Lalinde, passe par Molières et Beaumont-du-Périgord, puis descend vers Monpazier, à une quinzaine de kilomètres de Beaumont. Villefranche-du-Périgord est à une quinzaine de kilomètres de Monpazier, et le château de Biron à 6 km : de quoi remplir une belle journée.

Calez si possible votre passage sur un jour de marché : mardi à Beaumont, jeudi à Monpazier, Lalinde et Eymet, samedi à Villefranche. C’est sous les cornières, entre les étals, que l’on comprend le mieux à quoi servaient ces villes. Retrouvez-les tous dans notre sélection des meilleurs marchés du Périgord.

Questions fréquentes

Quelle est la plus belle bastide de Dordogne ?

Monpazier, pour la fidélité de son plan et sa place des Cornières, classée parmi les Plus Beaux Villages de France. Domme l’emporte pour le site, au bord de sa falaise.

Combien y a-t-il de bastides en Dordogne ?

Plusieurs dizaines de villes neuves ont été fondées dans le Périgord aux XIIIe et XIVe siècles ; une partie seulement a gardé un plan lisible et une place à cornières. Les huit de ce guide sont les plus intéressantes à visiter.

La visite des bastides est-elle payante ?

Non, les bastides se parcourent librement. Seuls certains sites sont payants, comme le Bastideum de Monpazier, la grotte de Domme ou le château de Biron.

Quelle différence entre bastide anglaise et bastide française ?

Le plan est le même ; c’est le fondateur qui change. Domme a été fondée par le roi de France Philippe III le Hardi ; Monpazier, Beaumont-du-Périgord, Lalinde et Molières au nom du roi d’Angleterre, alors duc d’Aquitaine.

Photo de une : Mairiemonpazier (CC BY-SA 4.0) — Wikimedia Commons. Photos : Birasuegi (CC BY-SA 4.0), Jebulon (CC0), Renhour48 (CC0), Père Igor (CC BY-SA 3.0) — Wikimedia Commons. Sélection établie à partir des offices de tourisme, de Dordogne Périgord Tourisme et des fiches de la Fédération des bastides d’Aquitaine. Jours de marché indicatifs (2026) : vérifiez-les avant de partir.